Les nuages s’accumulent dans le ciel économique et les effets de la tempête financière que connaissent actuellement les États-Unis se font maintenant sentir en Europe ainsi qu’en France. Les tensions apparues sur le marché du crédit dès la mi-2007 aux États-Unis ne sont que les conséquences d’une crise qui se révèle être la plus importante qu’a connu ce pays depuis 1930.
Les conséquences négatives s’enchaînent les unes après les autres, citons pêle-mêle et pour les États-Unis, la dépréciation des actifs immobiliers, après dix ans de hausse ininterrompue, le surendettement des ménages et la vague des expulsions (plus d’un million d’américains ont déjà perdu leur logement !), la dépréciation du dollar et la flambée des cours du pétrole, la crise de confiance et celle des liquidités dans les banques, rajoutée aux pertes financières de ces dernières qui entraînent la raréfaction des crédits aux particuliers et aux entreprises et donc la baisse des investissements.
Résultat, toujours pour les États-Unis, des secousses comme celle qui a conduit au rachat de la Bear Stearns par son concurrent de toujours, la JP Morgan Chase, au prix de 2 dollars l’action alors que celle-ci cotait 48 H plus tôt plus de 140 dollars, avec à la clef le licenciement de la moitié des 14 000 employés de cette banque d’investissement.
La récession est donc bien là, un des problèmes le plus graves venant de celui du marché du crédit, car la crise née de la débâcle des prêts immobiliers à risque s’est transmise à l’économie à travers la difficulté qu’ont maintenant les emprunteurs (particuliers ou professionnels) à obtenir des financements.
Un des plus gros prêteurs américains en matière de prêt immobilier, la Countrywide Financial, à ainsi quasiment cessé de prêter en janvier et février 2008...
Si l’on tient compte de l’habituel décalage de 3 à 6 mois entre les économies et les conjonctures américaines et européennes, il faut se rendre à l’évidence, la crise est à notre porte, l’Europe étant, ne l’oublions pas, le premier partenaire commercial des États-Unis.
Rajoutons à cela que l’économie est mondiale, et que les banques sont largement mondialisées elles aussi, celles de l’hexagone étant parmi les plus touchées en Europe, selon l’agence de notation Standard and Poor’s, les 6 premières banques françaises, ayant, selon cette même agence, perdu plus de 11 milliards en 2007 suite à ces évènements.
Cette crise va donc affecter la croissance française en limitant la hausse du PIB suite notamment au resserrement caractérisé du crédit, selon une étude récente de l’OCDE et les déclarations de son chef économiste, Jorgen Elmeskov, qui estimait que les « banques avaient durci leurs politiques de prêts aux entreprises et aux particuliers, la crise financière engendrant une méfiance généralisée et une absence inquiétante de liquidité ».
Source : OCDE, presse financière et la Rédaction